Photo mystère n°19: agglomérations titanesques…

Agglomération de rochers indéterminée, cliché Roger Bel vers 1950.

Les agglomérations de rochers sont légions en Sidobre.

En géologie on les nomment Tors, elles se situent souvent en limite des plateaux, en rupture de pente.

Ces ensembles colossaux simulent des ruines, des forteresses imprenables, ainsi les sinonymes: Caïrns, Castelasses (à St Salvy) et Castelet (à La Fusairé) ou encore: murs, sont régulièrement employés pour les décrires. Quant aux adjectifs: tinanesques, collossaux, cyclopéens, mégalithiques définissent biens les fortes impressions qu’offrent ces accumulations de blocs.

Ainsi, sur le massif du Sidobre on trouve: le Mur de Calmejane, l’agglomération de La Fusaïré, de Lascombes, de Campsoleil, de Bergé et de Ruscayrolles.

Ces défis à l’imagination des hommes entraînent parfois des hypothèses historiques très incertaines ainsi  par exemple à Calmejane où on a imaginé la présence d’un collège druidique initiant les guerriers à l’attaque des forteresses.

Les cartes postales anciennes du Sidobre montrent certaines de ses agglomérations de roches dans des paysages encores ouverts et agricoles, aujourd’hui, rendre compte de l’ensemble d’une agglomération est impossible du fait de la foret.

L’agglomération de La Fuzaïré par exemple est totalement masquée par les arbres, mais cela n’empêche pas que quand on est à son pied, on est totalement impressionné par les masses en présence et par leur aspect surnaturel.

Comme les ruines Mayas envahies par le jungle, les agglomérations du Sidobre se cachent et attendent l’explorateur intrépide.

Notre image mystère semble être une de ces agglomérations, peut être celle du Mur de Calmejane? mais je ne reconnait pas formellement sa silhouette alors…peut être s’agit-il d’un ensemble disparu ou bien caché!

Bonnes recherches à vous prospecteurs opiniâtres.

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La Peyra Crosada, Lacrouzette, mystère n° 18.

L’industrie granitière produits des milliers de mètres cubes de boues issues du sciage du granite.

Heureusement depuis des années cette boue est retenue dans des bacs de décantation et pompée ,pour être stockée dans de vastes zones de lagunages, notamment aux Braguels commune de Lacrouzette.

Autrefois cette boue fine maculait le fond des ruisseaux et allait même jusqu’à l’Agout.

On en voit encore les stigmates le long du cours du Lignon entre le Chaos de La Resse et le Saut de La Truite.

Dans les cuvettes où le cours d’eau stagne un peu plus, des dizaines de cm d’épaisseur de fines (boues) se sont déposées.

Si on observe bien les rocs de la cascade, ils sont encore maculés de cette boue grisâtre et légèrement oxydée.

Les efforts accomplis pour stopper cette pollution ont été longs et ont aboutis à une grande amélioration de la qualité de l’eau.

Malheureusement, ces tonnes de boues pompées par une noria de camions citernes sont accumulées sans autres solution que de les accumuler encore.

La zone de lagunage est véritablement immense aujourd’hui sur les terrains communaux de Lacrouzette autrefois lieu des plus anciens débitages de rochers.

Peux de rocs naturels ont subsistés à cet aménagement de lagunage et d’ exploitation ancienne des « peïrayrès » (granitiers) et, le peu qu’il restait, a cédé la place à ces étendues de boues mouvantes et malodorantes.

C’est ainsi que peu à peu, le seul roc patrimonique des Braguels le long de la rive droite du ruisseau des Lagues et du Lignon fut effacer de la carte.

Non pas la carte IGN que nous connaissons aujourd’hui où ne figurent plus que quelques rocs très visités, non LA CARTE, celle des Compoix Terriers Seigneuriaux de 1595 (Voir La géographie locale de Lacrouzette en 1595 de l’Abbé Maynadier).

Le roc y étais dessiné et mentionné sous le nom de Peyra Crosada (prononcer Peyro Crousado), pierre fendue naturellement en deux failles verticales et une horizontale évoquant deux croix catholiques.

La Peyro Crousado face est, c'est la face opposée qui semble t'il était la plus remarquable.

Le bloc du milieu nous dit Nauzières tremblait aisément.

Roger Bel le visite encore vers 1950 puis il retombe dans l’oubli.

Les Peyrairès travaillent ardemment dans ce secteur et tout autour de cette roche, mais, n’y touche pas car semble-t’il elle était considérée comme sacrée.

Aujourd’hui encore lorsqu’on s’aventure sur la piste centrale du centre de lagunage, on découvre, bien que discrète, Notre Dame des Braguels, un petit oratoire avec une statuette de la Vierge, elle est régulièrement fleurie.

Sur la colinne au nord-est ce ne sont que rocs débités, quai de chargements et ateliers en ruines.

Où était donc cette Pierre Croisée? près de Notre Dame ou plus bas à l’emplacement actuel du dernier bassin de décantation? dans les deux cas elle a disparue.

Les bois communaux de Lacrouzette sont aujourd’hui vidés de toute curiosité granitique.

Voici le plan établi par Bel vers 1930-1950, malré sa  précision je n’ai rien trouvé.

Cela dit, il vaut mieux vérifier encore et encore, ce roc serait il plus haut sur la colline? à voir chers prospecteurs opiniâtres.

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Le Tarn vu du ciel: les Jumeaux du Lac.

Un beau livre intitulé « Le Tarn balades aériennes » » a attiré mon attention à la librairie.

A la page Sidobre, on peut admirer deux jolies images du Lac du merle dans son écrin de verdure avec ses nénuphars et ses « dos de tortues » granitiques qui émergent.

On y voit aussi l’envers du décor et les carrières vues du ciel.

Au croisement de la D 622 et de la D 30 (entre  La sigarié au sud et  Carauce au nord) se trouve une carrière qui a creusé la couche d’argile à gravier ocre pour dégager des milliers de blocs de granite.

Entre la D 622 et cette carrière (en bas) se trouvaient les rocs tremblants Jumeaux du Lac, décrits dans les guides de Denis et Colrat. (voir le blog: Sidobre Terre de Légendes d’Emmanuel Huc).

RT Jumeaux du Lac.

Les RT Jumeaux du Lac vus par Roger Bel vers 1930.

L'argile rouge a été dégagée (voir en bas les talus de stériles) pour laisser aparaitre la masse du pluton. En arrière plan les prés masquent les zones d'argiles d'où n'émergent que très peu de rocs.
Au fond à droite la zone arènisée laisse apparaître la carrière du Verdier et du Roc de Cantogal. Les rochers Tremblants Jumeaux du Lac se situaient entre la carrière et la D 622 (dans la sapinière).

En quelle année ont ils disparus?, personnellementdepuis 1990, je ne les ai jamais trouvés.

Carte IGN relevés aériens 2006.
Les jumeaux du Lac ont disparus.Pourquoi ont ils gènés alors qu'ils étaient en bordure de carrière?

Carte IGN relevé aérien 1983.

La zone des RT disparus, image de 1992.

A Sept-Faux on m’a laissé entendre à demi mots qu’ils étaient encore « vivants » ces rochers…  ensevelis ou déplacés, mais où? près du Lac-Haut? dans la bute de la carrière? je ne sais toujours pas.

Réf du livre,prix: 30 €.

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Les Rocs Tremblants de Lascombes.

Le bois de Lascombes,  abrite sous sa haute futaie de hêtres, un des rochers les plus tremblant du Sidobre.

Il oscille sans aucune difficulté, un panneau (régulièrement arraché) l’indique à la sortie du hameau de La Sigarié en direction de St Salvy l’indique à l’est.

Agglomération du RT de Lascombes vu de l’est vers 1895.

RT de Lascombes vers 1890.

En montant nous traversons une zone d’épaisse couche d’argile à gravier où se trouvent quelques prés « fossiles » du Sidobre d’antan,  peu de blocs en surface, les carrières environnantes ont du dégager cet argile ocre pour atteindre le socle de granite sous-jacent.

Argile rouge à gravier, issue de l’aire tertiaire tropicale et humide. Identique aux sols latéritiques des pays tropicaux et équatoriaux. Un glaci d’argile rouge couvre la partie centrale du massif, peu de rocs granitiques arrivent à affleurer dans ces zones.

Près du RT, une Balme, 1895.

Légende: »L’agglomération du mur près de Sept Faux », il s’agit pourtant bien de l’agglomération de Lascombes.

la zone sommitale nord-est a  laissé émerger des tors de blocs naturels dont le fameux roc tremblant de Lascombes.

Il est couvert de mousse dans la cathédrale de hêtres aux piliers argentés, le roc trône au milieu d’un décor wagnérien.

Qui n’a jamais senti ce que l’on éprouve lors d’un tremblement de terre doit monter sur ce rocher et s’y tenir debout, alors, à son ordre un compagnon pourrait  faire osciler le phénoménal monolithe.

Le bruit sourd et la sensation effrayante du sol qui se dérobe sous ses pieds vont lui faire comprendre ce qu’est une secousse tellurique!

Un levier énorme est toujours présent pour qui veut le mettre en action.

Aux alentours d’énormes entassements de dalles et de blocs dorment des couloirs et des abris naturels aux allures de bastides.

La tête de la « Baleine des Opinîatres » se découvre pour qui sait imaginer les formes les plus saugrenues.

Ce roc a survécu aux terribles outrages des carrières environnantes.

Une zone agricole dévastée par les carrières, 1949-2207.Les champs sont sur la zone d’argile peu encombrée de roches. Le RT de Casse Cailloux est en bordure de champs (zone encadrée).

En effet, à moins de deux cent mètres au nord-ouest existait un roc tremblant si petit mais si curieux, il oscilait tant qu’il brisait le moindre cailloux qui était jetté sous sa masse: il se nommait le Roc Tremblant de Casse-Cailloux.

Visité dans les années 1890 à 1930, il disparaît des guides du Sidobre, le RT de Lascombes prenant toute la place le petit RT de C-Cailloux se perd dans les broussailles de bord de parcelle, il finit par se coincer puis est totalement oublié.

A tel point oublié que lors des de nouvelles  tentatives de  protections vers 1950 il est omis des listes car personne ne l’a retrouvé.

RT de Casse cailloux vu par le photographe Paul Valat 1895.

RT de Casse Cailloux, remarquez l’horizon et la route Castres-Brassac.
1895.

Le RT de Casse cailloux à l’essais vers 1895.

Vers 1960, une carrière s’ouvre et creuse l’argile à gravier jusqu’au granit sain, le petit roc de Casse Cailloux est encore en bordure de parcelle, mais rien n’empêche le buldozer de le bouter hors de son socle et de le faire disparaitre.

D’après Nauzières, il était situé à 30m au sud-ouest du roc repère encore présent aujourd’hui. Cette vue est prise du Sud vers le Nord.

« Oh il était complètement recouvert de ronces et coincé » m’a dit le garde-chasse ( S.)  du secteur en 1991. Un autre témoignage évoque le transport de ce petit RT dans un parc aux environs de Puylaurens.

Ici on est en vis à vis avec La Cazalarié et La Combarelle près de Peyrous.

Un enfant du pays, nommons le J-L, trouva à la fin du XXème siècle,  un petit roc si tremblant qu’il le baptisa « Bouge au vent », il me fit découvrir ce phénomène et m’en parla avec admiration.

Le roc tremblant de « Bouge au vent », avant sa destruction.
La flèche indique le hameau de La Cazalarié.

Il pouvait le deviner sous le couvert forestier depuis le versant opposé. Mais il vit aussi, peu de temps après, une carrière s’ouvrir dans ces bois.

la carrière G. ouvrit les entrailles du versant sud et pendant un moment J-L cru au miracle, le petit roc tout tremblant de peur vit passer les pelleteuses très près de lui.

Son socle fut souillé de boue mais il résistat, protégé par sa position en bordure de carrière.

Nous avons contacter Mr G. pour lui dire qu’il avait la chance d’avoir un des derniers RT du secteur, et qu’il  remplacait avantageusement le « Casse Cailloux » disparu, mais rien n’y fit, malgré sa promesse, le « Bouge au vent » fut soufflé.

Ce fut notre première et dernière tentative de sauvetage d’un RT…

Le Bouge au vent n’est plus, imaginez le au centre de l’image…
On remarque l’argile rouge à gravier se mélangeant à l’arêne de granit, plus haut les champs étaient sur le glaci épais d’argile, sans rocs apparents (on le constate sur les anciennes reconnaissances aériennes de l’IGN).

Longtemps je me suis demandé s’il ne s’agissait pas du fameux « Casse Cailloux », en effet sa position élevée ainsi que l’horizon nord ressemblait tant aux vieilles cartes postales, mais à y regarder de plus près, il n’en était rien.

Le Casse Cailloux devait se situer plus haut, en bordure des derniers prés des années 50, il est indéniable qu’il fut détruit par la carrière S.

Le jour où je constatais la destruction du « Bouge au vent », la curiosité et la crainte d’extension de la carrière me fit pénétrer dans le bois juste au sud-est et au bout de quelques pas je découvrit un roc oblong bien racé, des rocs avaient été apparemment placés pour le coincer, je dégageais les cales et avec un levier, je le mis en branle sans difficultés, je le nommai  « Lascombes 2 ».

Lascombes II, remarquez le levier qui sert à le faire osciler, jeux de bascule pour les enfants…

RT de Lascombes II

Le val de Lézertou était surnommé « la vallée des merveilles » par les amis du Sidobre, il a été fort mis à malpar les carriers, il reste encore quelques trésors en grands dangers mais déjà les RT Jumeaux de Peyrous et le roc de la Poire ont été vandalisés.

Pauvre Sidobre.

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Résolution du mystère n°17.

L’image mystère n° 17 viens d’être résolue par mes soins, ce matin en redécouvrant les images de Paul Valat léguées au musée de Castres vers 1890.

Une image légendée RT Jumeau Valat montre le profil moins connu de cette roche, et regardez le petit bloc à droite avec son ombre portée, on le reconnait sur l’image mystère n°17.

Entre les deux images, le paysage s’est fermé, sur celle de droite on aperçoit à l’horizon la crête du secteur de Cambesses.

Et une de moins! bien sûr elle a été détruite à Sept Faux entre 1958 et 1980 (voir mon article « Destructions à Sept Faux »).

A gauche RT Valat vers 1930, à droite vers 1890.

 

 

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Universal granit.

Je viens de recevoir cette image envoyée par Rémy, il me demande s’il s’agit de la Peyro-Clabado?

Peyro-Clabado? rien n'est moins sure!

A première vue oui, à deuxième vue beaucoup moins, l’avant plan: la clôture, n’existe pas dans les parages de notre pierre crouzétole et le rapport de taille entre la roche et les piquets exclu notre suspecte.

Se plus, si le côté droit de la roche ressemble furieusement à la courbure de la Peyro, le côté gauche nous confirme qu’il ne s’agit point d’elle.

Qu’il s’agisse d’un photo montage ou non, je ne crois pas que ce soit elle, pourriez-vous me le confirmer?

Le cosmos, et cette merveille de granit en fragile équilibre sur la « terre des hommes », voilà une image qui symbolise toute la beauté de notre univers.

Le granit semble rare dans le système solaire, il faut en effet une tectonique puissante pour le créer, et surtout de l’eau…Des soupçons de zones granitiques ont été détectées sur Mars en 2004 par la sonde Mars Odissey, reste à confirmer par analyse rapprochée cette hypothèse ( http://themis.asu.edu/node/5395).

.Image

Streaks and patches of false-color red mark exposures of quartz-bearing rocks that resemble terrestrial granites. The discovery by THEMIS of this rock type marks a first and implies Mars has undergone volcanic evolution.  

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Roc mystère n° 17.

Roc n°17.Deux compères vus par Roger Bel, un roc oblong pointant son « nez » vers le ciel et un autre à son pied… où se cachent-ils donc? en 21 ans de prospections, je ne les ais jamais vus. Déjà vers 1950 les taillis semblent épais, ces rocs curieux nous attendent-ils encore dans un coin de foret ou sont ils ensevelis sous des tonnes de roches brisées et de sable issus des carrières? encore un mystère à élucider chers archéos-géologues…

A ma connaissance, aucune description dans les guides anciens ne semblent correspondre à cet ensemble, j’ai cependant un instant cru reconnaître le roc du Canon et son petit Roc Tremblant à son pied mais non, trop court ce fut de canon.

Alors le mystère reste entier.

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Destructions de Sept Faux.

Les différentes mentions des rochers situés à la Combe de Jame (parfois écrit Jambe) décrivent des rochers exceptionnels.

Nauzières comprend très vite que ces rochers situés au coeur du Sidobre, sortent de l’ordinaire.

Manuscrit de Nauzières Noel 1931.

Manuscrit de R. Nauzières Noel 1931.

Dès 1930 il demande leur classement, il joint des images et des croquis du Roc Fendu et des Jumeaux Valat (Paul Valat, photographe de Nauzières) à son dossier.

Durant des mois je prospectais le secteur, à la recherche éperdue de ces trésors géologiques.

Des dizaines et des dizaines de fois, me fiant aux guides et aux cartes IGN, je  prospectais mètre carré par mètre carré le secteur de cette combe.

J’ enquêtai dès 1990 à Cambesse et à Sept Faux.

A Sept-Faux on me déclara que ces rocs n’avaient aucun intérêt particulier, mais on ne me les indiqua point.

A Cambesse, on me dit que les rocs se voyaient de loin mais que la végétation les avait voilés, et que les militaires du 8ème RPIMA ayant vu sur les cartes ce repère géodésique,ils ne les trouvaient plus aujourd’hui.

Point géodésique si commun depuis des années que toutes les cartes géographiques de l’IGN* de 1975 à 2000 les mentionnaient.

Carte IGN relevés aériens de 1971 et 1973.

Mais où sont ils donc passés? je me renseigne à la carrière proche, le responsable m’accueilli gentiment en me disant que ces rocs n’avaient jamais existés…je pris un cliché du site et des années après je me rendi compte que j’avais photographié sans le savoir un des rocs tremblant Jumeau Valat…

Sur le cliché, sans le savoir, j'ai pris le RT Valat à gauche au fond en 1991.

Les différents livres guides du massif mentionne ces rochers de 1902 à 1975, particulièrement les publications de André Denis.

Ce n’est qu’en 1992 que je découvris enfin un des RT Jumeaux Valat, il était alors au bord du gouffre, celui de la carrière précédemment visitée.

La bonne aventure m’avait mené au bon endroit.

Rémy Thonet et le dernier des RT Jumeaux Valat en 1992.

Je le photographiais sous tous les angles, mon fils Rémy m’accompagnais dans cette découverte, il posa devant cette antiquité naturelle en grand danger.

L’autre Jumeau resta introuvable, il aurait du se trouver dans un rayon de dix mètres autour de celui-ci, mais rien, seules des traces de gros engins et de la boue. pourtant nous étions ici en bordure de l’exploitation, ils auraient pu l’ épargner…

Très vite, j’assiste à l’exploitation de ce « survivant », le roc sommital en équilibre est probablement « enlevé » et son socle  tranché puis masqué par du sabel.

1: R.Nauzières sous le RT, face ouest.
2: Rémy et Jean-Pol Thonet sous le rocher en janvier 1992
3: Destruction et socles coupés, Rémy en 1992.
4: Socles masqué par du sable en 1992.


Pourtant ces rocs étaient inscrits à l’inventaire des sites par un arrêtté du 1 er juillet 1970 qui était censé avec l’accord du propriétaire être préservé dans un rayon de 25m.( voir le blog d’E. Huc: http://sidobre-terre-de-legende.blog4ever.com/blog/photos-cat-622141-1948705410-liste_des_rochers_classes.html).

Arrêté officiel de classement du Roc Fendu.
Les autres originaux sont disponibles à votre demande.

Comment reconstituer l’emplacement originel des rocs disparus? ce n’est que des années plus tard que je découvris un croquis de Roger Bel les mettant en situation géographique.

Dessin de R.Bel, en haut à gauche: le Roc Fendu.
En bas le Sphinx de Vialavert et en Ht à Droite les RT Jumeaux Bienvenu.

Dessin R. Bel: RT Valat en haut, c'est celui de droite qui a survécu jusqu'en 1992. Celui de gauche et le Croiseur (triangle en bas) ont étés détruits entre 1958 et 1980.

Les plans illustrants les Guides de Denis prennent enfin toute leur dimension.

Carte éditée par les Amis du Sidobre vers 1960.
Remarquer les Jumeaux de Vialavert encore intact aujourd'hui.
Les RT Bienvenu et le Ch. de Napoléon sont mals indiqués,plus précisément ils étaient voisins.

On se rend vite compte que non seulement les RT Jumeaux Valat ont été détruits, mais aussi le roc dit du Croiseur (baptisé ainsi par A.Denis qui avait fait ses armes dans la marine), roc de 4m de haut et de 25m de long (le triangle sur le croquis),  le Roc Fendu,  et la Petite Peyro-Clabado (situé au nord des J.Valat).

Le Roc Fendu et Nauzières à droite (1930).

Roc du Croiseur, cliché A. Denis (Tous droits réservés E.Huc).
Remarquer la petite fille debout sur la proue du Croiseur.

La Petite Peyro Clabado cliché A. Denis (Tout droits réservés E. Huc)nommée aussi Agglomération de Sept Faux par G. Terrail.

Les dégâts ne s’arrêttent pas là, en effet à 500 m à l’est de Sept-Faux d’autres Jumeaux ont été rayé de la carte: ll s’agit des Rocs tremblants Jumeaux Bienvenu (assistant photographe de Valat).

L’aire granitique où trônaient ces rocs servait d’aire de battage du blé dans ces années agricoles d’antan, Georges Terrail en a fait une de ses plus belle page y plantant le décor de « la salle de bal des farfadets » dans son voyage au Pays de la pierre.

Nauzières et les Rocs Jumeaux Bienvenu vers 1930, en arrière plan centre gauche la masse du Chapeau de Napoléon de Vialavert.

J’ai eu la chance de les voir dès 1991 et d’y vivre des après-midi fabuleux avec mes enfants Rémy et Sophie. Ils faisaient trembler les deux rocs, puis courraient sur cette aire de jeux granitique.

Rémy et Sophie Thonet sur le RT Jumeau Bienvenu, seuls les 2 rocs du fond oscilent (1991).

Déjà le Chapeau de Napoléon de Vialavert avait été effacé, et de nombreux rocs avaient été exploités récemment et anciennement (notamment le RT mentionné dans les guides).

Puis en 1997, des rebuts d’autres carrières vinrent recouvrir le site et les RT Jumeaux-Bienvenu furent soit ensevelis soit déplacés pour être vendus (pour servir de monuments naturels érigés en menhir)?

Je me souviens de mon grand désarroi quand, accompagné de la fille du photographe Bienvenu, je me rendi sur le site pour la photographier près des RT qui portaient le nom de son père, je fus annéanti et ce fut-elle qui m’aida à relativiser.

Le site précis des Jumeaux Bienvenu l'été 1997...rien ne subsiste!

Elle qui soutenait les malades ne comprit pas mes larmes à cause de simples rochers de granite, mais…je fus profondément atteint, je pensais aux moments inoubliables passés avec mon petit Rémy et ma petite Sophie,  je sentais un profond dégoût pour cette destruction inutile, je ressentais tous les espoirs déçus des Denis, Terrail et Nauzières. Une pensée me vint:  je voyais  le Rocher Tremblant de Sept Faux se coincer à jamais (car c’est le destin de tous les rocs un peu trop sollicités) et la conclusion était:  il ne reste plus aucun site digne d’intérêt touristique dans un rayon de  500 mètres pour le remplacer.

Le seul roc encore intéressant reste leSphinx et les Jumeaux de Vialavert.

Le Sphinx vu par Roger Bel et Joseph Paul vers 1930.

Le Sphinx de Vialavert vers 1950 (R.Bel),intact et pourtant proche d'une carrière (propriétaire Toulousain...un hasard?).

au sud de la D622, bien caché dans la foret et gardant prudemment tous ses secrets…qui le fera parlé ?

D’autres modestes RT se cachent encore dans les bois (guide de Colrat et Denis): Le « dolmen du Varayre » et deux petits RT se cachent encore dans les bois, mais un petit RT dans le vallon sous le secteur des Bienvenu à quand même été détruit ou enseveli sous les décombres des anciennes carrières.

Le secteur de Sept Faux dont les prés attirent le regard depuis la D 622 a  donc été terriblement entamé par les exploitations, la vue aérienne que j’ai prise en 1992 parle d’elle même.

Carrière de Sept Faux en 1991 où ont disparus les rochers protégés...

L’association des Amis du Sidobre  sous la houlette du Maire de Burlats et qui avait si brillamment travaillé au développement économique et touristique du Sidobre se brisait en 1958 sur l’écueil de l’incompréhension des carriers de Sept Faux, la carrière n’a pas voulu préserver le patrimoine ancestral qu’étaient tous ces rochers. Des années plus tard en 1990, l’esprit de « vengeance » était encore vif, les plaies n’étaient pas refermées et j’entendis encore lors de mes recherches des témoignages pittoyables tels que « les Jumeaux Bienvenu, oui on les connait, on va les détruires très bientôt éh hé… » le tout avec un petit sourire en coin.

Le roc de Sept Faux est le Rocher Tremblant le plus visité du Sidobre, il est protégé dans un rayon de 25m et bien surveillé par leur « propriétaires » ou du moins par ceux qui en tirent profit.

Esclave enchaîné il dit toujours oui, il ne s’est jamais rebellé mais jusqu’à quand?

Ce roc dérive millimètre par millimètre,  chaque oscillation le mettant en danger pour quelques pièces de monnaies, nul doute qu’il se bloquera définitivement un de ces jours, il ne restera plus alors qu’à regretter les destructions faites aux alentours.

Il subsiste dans le hameau les deux roches jumelées nommées « Roches Accolées », ce site est probablement privé car un panneau:  » interdit au public »et une chaîne en barre l’accès.

Les Roches Acollées dans le hameau, le RT de Sept-Faux est hors cadre à gauche.Roches interdite au public...

Le Roc Tremblant de Sept Faux dérive vers le sud, à gauche...

En 1992 les rocs Valat explosent: aucune amende, aucune plainte; en 1997  les rocs Bienvenu détruits: aucune amende, aucune plainte, 19.. Petite Peyro Clabado, Roc Fendu, Croiseur, Chapeau de Napoléon et ses petits RT rasés: aucune amende, IMPUNITE TOTALE! Ces roches pourtant situées en bordure de carrière ont été débusquées dans le bois.

La loi a été violée de manière flagrante, on a volé le patrimoine des enfants du Sidobre pour quelques blocs et quelques milliers de francs, comment jugeront-ils leurs anciens? Qui leur dira ce qui s’est passé? mon blog survivra-t’il à cet article? je ne sais, en tout cas, les éléments de ce scandale finiront aux Archives Départementales lorsque j’irais rejoindre les « Amis du Sidobre »…

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Hommage à Roger Bel. Roc mystère n°16.

Une image prise par Roger Bel vers 1950 demeure encore aujourd’hui un mystère.

Deux rocs sur deux socles se côtoient. L’un évoque vaguement un animal couché et l’autre un casque abandonné.Nous sommes dans une lande typique du massif dans les années 50, peut-être un jour au hasard d’une prospection tomberais-je nez à nez avec cet ensemble. Tels des monuments d’un autre âge recouverts par la « jungle », je les photographierais sous le même angle et alors mon champ de vision rejoindra celui de Roger, je serais en phase avec lui et avec son souvenir…Je rencontrai Roger Bel chez lui à Castres vers 1995.

Une boule naturelle de granit du Sidobre décorait son jardin, je savais ainsi que j’étais à la bonne adresse.Il m’indiqua sans hésitation sur le dessus de son armoire une valise, je passai ma main pour l’épousseter et découvris sur l’étiquette la phrase suivante:  « Au Sidobre mon plus bel amour ».Cet homme de 80 ans devenu non voyant m’acueillit chaleureusement en présence de sa femme de ménage. Un fort sentiment de sympathie s’établit d’emblée entre nous, il me tint les mains longtemps. Dans cette valise, des dizaines de documents accumulés sur une vie, celle d’une passion  pour le Sidobre.Je lui posais un flot de questions, « mais où est ce rocher ? »il répondait « mais décrivez le moi, je ne le vois pas… » et me voilà passant des minutes à lui décrire un roc dont il ne se rappelait plus la plupart du temps. »Le roc de l’oiseau »… »oui, je me souviens, on le voyait du Petit Train à la hauteur du tunnel de Record, on l’appelait aussi La Sentinelle… »Nous avions de grands projets pour le Sidobre, un Parc avec pour centre d’accueil la métaierie du Roc, mais la guerre a tout arrêtté (39-45). Des photos en noir & blanc et des notes manuscrites d’un projet de livre guide emplissaient cette valise.Le titre : « Il était une fois… un Sidobre enchanté » présentait le manuscrit.Les notes sont principalement consacrées au « balisage » d’un itinéraire en Sidobre, avec des plans très précis dessinés à la main.Le terme « auto-camping » est employé et il précise que: « trois jours sont nécessaires pour voir les curiosités signalées ».Au sujet des paysans il écrit encore: « …cette terre ingrate qu’ils cultivent et qui leur coute tant de soins, ils l’abandonnent et l’on peut voir, hélas, les fermes du Roc, de Corbière, Verdeaux, Bousquet,Verdier et tant d’autres, complètement délaissées…seuls les carriers…gagnent convenablement leur vie…et malgré qu’il y ait du granit pour longtemps, il est regrettable de penser qu’un jour notre cher Sidobre sera couvert de chantiers et que par l’incurie des pouvoirs publics, les plus curieux de nos rocs auront disparus transformés en pierres tombales si ce n’est en bordures de trottoirs »

Les rochers tremblants Jumeaux Vallat, le Croiseur, les Jumeaux Bienvenu, RT de Casse cailloux, RT de Calmejane, Mur de Calmejane, RT Jumeaux des Albert.

 » J’ai aimé le Sidobre avec passion.Ce nom évoque en moi des heures exquises où cheminant à travers ses sentiers, ses taillis, ses landes et ses bois, j’écoutais le chant de la vie.A travers une multitude de roches tremblantes ou aux formes étranges, j’essayais de saisir un peu de son âme.Je l’ai parcouru en tous sens, à toutes les heures, à toutes les époques de l’année, par tous les temps.Je n’en ais que mieux gouté à son charme infini.Amis qui regardez ces photos, témoins d’un passé révolu, vous regretterez avec moi que l’homme s’acharne à détruire ce que la nature avait su si bien créer » »En hommage à Raymond Nauzières et à Germain Gabaude qui m’ont fait connaître et aimer ce beau pays » La plupart des documents mystères de ce blog sont tirés des images faites par Mr Bel.

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Le Tour de Gaule des merveilles de granite : La Gâtine.

En août 99, je pars découvrir la Gâtine poitevine.

Direction ouest puis nord, je vise la région ouest de  Parthenay dans les Deux-Sèvres.
Plus exactement le Haut -Bocage vendéen et les sources de la rivière nommée Sèvre-nantaise.
Les deux plutons granitiques de cette région comportent quatre chaos de blocs qui m’attirent et que je visite.
Ceux de La Morelière et du Boussignoux (Largeasse) , de La Garrelière (Neuvy-Bouin) et du Moulin-Neuf (Ménigoute).
Là, je découvre un paysage agricole, fait de bocages et de vallons ouverts.

Chirons, prés et chênes taillés en "têtards".

Ici comme en Sidobre ce sont les racines de notre bonne vieille Chaîne hercynienne aujourd’hui disparue qui émergent (moins 340 millions d’années).

Dos de baleine...

Les chicots de granites sont partout mais en bien moins grande densité que chez nous.

Je suis enchanté par cet environnement sans carrières sans explosions et raffuts de marteaux piqueurs et, j’ai l’impression, d’avoir pris une machine à explorer le passé :  je suis en pensée dans le Sidobre agricole d’antan.
Imaginez les prés des Cazals, de Campalis ou de Missècle en Sidobre, délimités par des haies touffues où paissent des vaches et des moutons…

Un Chiron renversant !

Ces Chirons de Gâtine n'ont rien à envier aux Devil's Marbles d' Australie.

voilà à quoi ressemble ce petit pays de Gâtine.

Qu’ais-je retenu de ce voyage, quelle curiosité géologique m’a le plus frappé ? moi qui était plutôt sevré de rochers du Sidobre, presque blasé et peu convaincu de mon long voyage jusqu’en Gâtine.
Nous qui avons un site d’une richesse incomparable avec le plus grand nombre de Chaos,  de rocs tremblants, de Balmes et  de carrières…et bien, j’ai été fasciné par… des Chirons très particuliers:

Une motte de magma fondue sur sa base...

un autre îlot de granite.

Un Chiron Pain de Sucre...

Imaginez-vous un oeuf au plat, géant, dont la composition ne serait que minérale.
Aucun roc parmi les milliers de blocs n’est comparable à ces Chirons.
Imaginez aussi: un îlot de granit avec en son milieu un mont en forme de Pain de sucre, un modèle réduit d’un îlot des Seychelles…

Une meule de foin de granite...

Une auge originale...

Ou encore un mini Corcovado ou…Une motte de magma fondue sur sa base.
Plus loin encore un micro-volcan avec son cratère (vasque) et ses coulées de laves (cannelures) partant de son sommet et labourant ses flancs.
Je nage d’île en île, de Chiron en Chiron, jusqu’à l’épuisement.
Mon étonnement devant ces rochers fut et est encore profond.

Cannelure sur micro volcan...

Je tenais le scoop, je reviendrais en Sidobre avec une découverte vraiment inattendue à partager avec mes amis.
Aucun documents photographiques à ce jour ne m’ont montrés de tels rochers et encore moins expliqués leurs formations.
J’avais franchi les clôtures pour approcher ces phénomènes et,  j’ai erré près de deux heures dans ce pré.
L’ombre portée du »pain de sucre » se dessine sur l’herbe au soleil couchant, le replat circulaire servait d’aire d’apâturage aux vaches, simule une assiette géante dont le centre simule une meule de foin en granite.

Vue en plan d'un Chiron très original...

Oeuf au plat, la boule est solidaire de sa base.

Quand je me suis aperçu que parmi ces paisibles bêtes à cornes Parthenaises se trouvait un monstrueux Parthenais d’une tonne, j’ai compris que je prenais un risque et j’ai décampé en me retournant de temps en temps.
Un de ces centaures de Chirons m’auraient bien aidé à sauter par dessus la clôture sans élan, j’ai eu de la chance.
Mais tout est gentil dans cette campagne, un paysan avec un accent typique m’a accueilli dans sa ferme, alors que j’étais en admiration devant l’auge creusée à même le roc,  il a du se demander si j’avais soif ? et il m’a offert spontanément un verre d’eau.
Bien sûr, comme chez nous, le granite à fait l’objet de la convoitise des industries d’extraction comme à Bellivrie (Largeasse, Boussignoux) mais cette carrière est arrêttée aujourd’hui..

Des tentatives de protections ont été entreprises depuis 2006, ils essayent d’appliquer la fameuse loi du 2 mai 1930 sur la protection des sites mais à ce jour elles ne sont toujours pas finalisées.

Cette loi est la même que celle qui avait été tant bien que mal appliquée en Sidobre,  et qui n’a pas été toujours respectée pour certains rochers.
Un projet de barrage sur la Sèvre-Nantaise en Gâtine qui aurait atteint le Chaos du Boussignoux a été combattu fermement jusqu’à son abandon.

Comme souvent ces terroirs granitiques ont de nombreux points communs, notamment ils souffrent de leur mauvaise réputation ancestrale.

La difficulté d’y vivre, d’y cultiver un sol pauvre, marquent jusque dans leur appellation  le nom de ces petits pays:
-Le terme  Gâtine viendrait de l’ancien français guastine (terre inculte, tine=sable) et  Sidobre de Siné opéré (terre inculte).  
L’omniprésence des prés tourbeux (sagnes en Sidobre, Noues en Gâtine), de sols argilo-sableux et de landes ont ralentis le développement agricole de ce terroir.

Les légendes aussi ont des équivalences tels que celles attribuées aux rocs en équilibres.

-Ainsi à Largeasse la roche branlante est associée à la légende des pierres de jugement : « …les femmes accusées d’adultère se justifiaient si elles parvenaient à mettre en branle une de ces pierres »…(En Sidobre les gens se marient dans l’année si les cailloux qu’ils jettent sur la Peyro-Clabado se bloquent sur son sommet).
Légendes autour des chaos:

-Comme la légende d’un ermite ou d’un saint (Saint-Bodet) dans le chaos de la Garelière, sauvé grâce à l’eau intarissable et bienfaitrice stagnant dans une vasque naturelle.
Des parallèles toponymiques peuvent être faite avec en Sidobre: la cabane de l’ermite (Carauce), ainsi que la balme de St Dominique (La Rouquette).

-Une autre Légende due à ces vasques évoquent des traces des pas d’un boeuf  (chaos de Boussignoux) et de l’empreinte de son mufle. Ce site a longtemps constitué un lieu de pèlerinage jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.(Equivalant en  Sidobre aux toponymes « pas de las bestios », « roc de la vaco », « balme dal buou »(bœuf) et, roc des pattes).

-Une légende de pierres à sacrifices associée à la présence d’une vasque à exutoire dans le Chaos de La Garrelière Neuvy-Bouin-, (équivaut en Sidobre au roc de Peyremourou criblé de vasques et aussi évoquée comme pierre sacrificielle).

Je ne sais si le terme désignant les blocs épars en Gâtine et nommés Chirons ont un rapport avec le dieu grec à l’allure de centaure? Si s’était le cas cela ajouterait une légende à ce petit pays… Mais  il semble que ce mot dérive du latin carra ( pierre) .

Merveilles, Chirons, j’étais cet été là sous le charme de cette campagne.

Comme en Sidobre et dans bien d’autres pays granitiques, les rochers de Gâtine aux microformes très travaillées ont excités l’imagination des hommes, ainsi nacquirent des noms donnés aux roches tels qu’ à la Garrelière :

– « La Selle » à La Garrelière qui évoque non seulement une Selle mais aussi une tête de cheval,  ( parallèle avec en Sidobre: la « Selle arabe » à Campsoleil).

Le fauteuil.

-Le « Fauteuil »à la Garrelière (éqivalence en Sidobre au « fauteil du Diable« ).

-La « Coquille Saint Jacques » à la Garrelière, roc renversé et cannelé (équivalence toponymique en Sidobre de « La Moule » -Joseph Paul,roc perdu-).

La coquille Saint Jacques.

Le fauteuil

La Selle.

– Le « Pas de La Vierge »à la Chapelle St Laurent est un lieu de pélerinage catholique où une petite cavité évoque l’empreinte d’un pied ( toponymie équivalente en Sidobre avec: le Roc de La Vierge ou le Pas de Dieu-disparu-).

Les vasques de "La pierre à sacrifice".

-« Griffes du Lion » et « Griffes du Diable » pour les rocs cannelés ( Toponymie du Sidobre: Pochée du Diable et Tête du Diable).

Ou à Boussignoux :
-Le « Rocher du Pas de la Vache », trois dépressions nommées « fontaines »ont pour nom : « Pas du Boeuf »,  « Nez du Boeuf » et « Queue du Boeuf », (Roc des pattes, Pas de las bestios, roc de la Vaco en Sidobre).

Les rochers de l’ancienne métaierie de La Chevalerie se situent à 1500m en amont du Chaos de La Morelière et sont aussi une curiosité du secteur.

La Chevalerie.

Les rochers branlants en Gâtine (Rochers Tremblants en Sidobre) sont au nombre de trois :

-Le roc branlant de La Morelière (Largeasse)

RB de La Morelière.

.
-Le rocher branlant  ou Merveille d’Hérisson, classé en 1910 (entre Pougne-Hérisson et Neuvy-Bouin).


-Le Rocher branlant du Bois de l’Ermite, situé sur le « toit » de la grotte de l’Ermite (équivalent en Sidobre à la balme de l’Allumétaïré et son RT sur le « toit »).

Roche branlante de La grotte de l'Ermite.

aussi nommée Grotte aux Loups et Chapelle des druides – Neuvy-Bouin-. (En Sidobre, nous avons la Balme du Loup et la Cabane dal Loup, ainsi que la Cabane de l’Ermite de Carauce).

Peu de touristes cet été là en Gâtine mais, des gens du pays apprécient leur terroir et ce dimanche là, les  piques-niques et les parties de pétanques  autour du rocher branlant de La Morelière donnaient à ce site parfaitement entretenu et aménagé un tableau champêtre des plus agréable.

Voici chers lecteurs mes souvenirs du siècle dernier, c’était en 1999 en Gâtine.

Coordonnées GPS des sites visités:

-Chaos Boussignoux: Long. 00° 30’12 » O-Lat. 46° 38′ 59″ N 
-Chaos de La Morelière: Long.00°31’51 » O-Lat. 46°39’34″N
-Chaos de La Garellière: Long.00°27’25″O-Lat. 46° 41’12 » N
-Chaos du Moulin Neuf: Long. 00°04’14″O-Lat.46°29’28″N
  Références bibliographiques et web:
Tourisme en Gâtine: –www.cc-thoarsais.fr
-Bulletin n° 8 de la Société géologique et minéralogique de Bretagne, N°8 2011, p.57:Des géotopes remarquables dans le sud-est du Massif armoricain : les chaos de blocs de Gâtine poitevine (Deux-Sèvres, Poitou)(D. Poncet).

Site Web géologie de la Gâtine : –http://sgmb.univ-rennes1.fr/DOSSIERS/actualites/ACTUALITESfeuille.htm

                                                                – http://ww3.ac-poitiers.fr/svt/res_loc/geol/Sites/79-sites/boisermite/index_boi.htm

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