Document mystère N° 11 Légende ou réalité ?

Voici un document qui décrit un Roc Mystère qui sera notre n°11 :

Raymond Nauzières (précurseur de la re-découverte du Sidobre au début du 20 ème siècle) nous décrit ici un rocher qui est mis en mouvement par un arbre appuyé contre lui. Un arbre levier en quelque sorte qui transforme un rocher en phénomène géologique dans son premier guide du Sidobre paru en 1899.

Page 36 après une évocation de l’agglomération de roches faces à la ferme du Verdier-Haut  on peut lire ceci (document):

Le roc du Verdier a bien cette forme de prisme et a même été nommé « L’ostensoir », s’il s’agit de ce roc alors, effectivement, l’arbre n’existe plus et c’est un miracle s’il n’a pas bouté le roc hors de son petit socle de quelques dizaines de cm².

Imaginez ce bloc prismatique ayant des arêtes d’environ 4m de haut et de base et dont le profil est nettement plus réduit moins de 2m peut être (j’ajouterais les mesures exactes quand je les aurais prises moi même) se balançant au gré du vent.

Dessin de Nauzières 1933.

dessin de Nauzières 1933.

Un chanoine,  a même fait toute une thèse sur l’origine druidique de ce rocher et de celui du Mur de Calmejane* proche.

Ce mur naturel fait de rocs emboîtés naturellement à l’aspect ruiniforme a depuis longtemps excité les imaginations les plus débridées, le carrier qui l’a détruit en 1996 c’est posé beaucoup moins de questions.

dessin de Nauzieres 1933

dessin de Nauzières 1933

L’alliance du vent et des rochers est donc omni présente dans l’imaginaire sidobrien, cette montagne autrefois couverte de landes où courait sans obstacles autres que les rochers a inspiré les plus belles légendes du Sidobre  dont celle d’Autan et Autanette.

Dans la forêt de Campsoleil, le roc de Cannaut avait dit-on la faculté d’être mis en branle par le vent d’Autan, peut être lui aussi avait-il son arbre bouteur de roche mais les arbres ne sont pas éternels et la légende est restée. Le toponyme  « Aut » en aurait gardé la racine du mot Auto,  mais je préfère l’hypothèse du Champ-haut (Can-Aut)  plus probable et qui se retrouve un peu partout sur les cadastres.

Balme et Roc Tremblant de Cannaut, dessin de Joseph Paul 1916.Sté Cult. Castraise.

Balme et RT de Cannaut, Joseph Paul 1916 (tous droits réservé: Sté Cult. Castraise).

 Il est difficile d’imaginer aujourd’hui sous la couverture des arbres les champs d’autrefois et le travail des défricheurs d’antan.

D’autres toponymes tels que Roc Bramaïré se rapportent au vent ou du moins au bruit qu’il peut faire en sifflant dans les cavités naturelles des roches ou de l’écho qu’il peut porter contre les parois rocheuses. Un ancien de La Ferrière Basse me dit un jour au pied d’un roc ovoide dominant le hameau : « mon grand père écoutait chanter la pierre, il savait s’il allait pleuvoir ou non » l’écho de la chute du Saut de la truite ou de l’Agout devait murmurer la direction du vent et la probabilité de pluie au paysan.

Le roc Bramaïré, situé sur les hauteurs de La Ferrière-Haute ne braille plus depuis longtemps, seul le compoix terrier de 1600 comporte son nom entre La Balmo et La Ferrière.  

Ce  Bramaïré hante encore mes rêves, je le cherche depuis 21 ans je vous l’évoquerait dans un prochain article sur ce même blog.

L’alliance arbre rocher est bien sûr commune en Sidobre, je me rappelle du triste exemple du Roc tremblant Paul (Joseph Paul) non loin du Verdier qui fut renversé dans les années 90 par les racines d’un hêtre lors d’une coupe à blanc de la foret.  

RT Joseph Paul vers 1950, aujourd'hui endomagé.

RT Paul vers 1950, dessin Joseph Paul. Sté Cult. Castraise-"Le Sidobre"

Faites de beaux rêves chers lecteurs, qu’Autanette apaise votre nuit et souffle le chaud jusqu’à Noël et pourquoi pas jusqu’à l’année à venir.

* Raymond Nauzières : « Le Sidobre » Extrait de l’annuaire du Club Alpin Français 23ème volume 1898

Paris Typographie Chamerot et Renouard 19, rue des St-Pères, 19 -1899- 

* Pour plus d’informations sur le Mur de Calmejane, reportez-vous à l’article intitulé : Chapitre 5.

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Qui a dit "il a le coeur aussi dûr et froid que la pierre"? non non non! d'abord la pierre a une âme et je vais vous en apporter la preuve !
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2 Responses to Document mystère N° 11 Légende ou réalité ?

  1. GUAZZO dit :

    J’ai trouvé beaucoup de reponse aux questions que je me pose concernant les rochers disparus. Mais comment se fait il que des sites classés aient été détruit ? Merci pour la richesse de vos commentaires et l’amour que vous portez au sidobre.

    • jptho dit :

      Tout d’abord merci pour votre commentaire sympathique qui va me pousser à continuer ce blog, les commentaires sont rares et je l’apprécie donc d’autant plus.
      Les sites classés ? longue question, je ferais un article sur ce point très sensible un de ces jours, mais pour répondre un peu à votre question quand même, je dirais que des sites classés existent encore et qu’ils sont en bonnes voies de mise en valeur par d’excelents specialistes des paysages du Tarn (Conseil Régional).
      La plupart des sites communaux (u du moins ce qu’il en reste)ont été très tôt protéger dignement, ce sont pour beaucoup, les seulsà être visité aujourd’hui, balisés etc…et dans les prochains mois un programme ambitieux devrait enfin aboutir grâce à la diplomatie de quelques uns et à la bonne volontés de quelques propriétaires.
      Pour le reste,les dégats ont été faitsà une époque où il y a véritablement eu guerre des nerfs entre pro-Parc Naturel et pro-carriers sans modération de part et d’autre, un vrai gachi pour tous ces trésors naturels qui ont été en qq années pulvérisés par crainte d’empêchement d’ouverture de carrières.
      On s’est débarrassé des Rocs curieux pour ne pas attirer les convoitises touristiques, le mélange d’un côté d’agriculteurs devenus carriers faces à qq politiques
      arrogants ont effacés le magnifique travail entrepris depuis les années 5O par le Comité Départemental du Tourisme et l’Association des « Amis du Sidobre » dirrigésalors par André Denis (voir son guide à Bibliothèque Municipalede Castres).
      D’un côté on avait les pinceaux pour baliser les rochers, de l’autre on avait la poudre noire, devinez qui a gagné ?…
      Une terrible histoire de convoitise et d’appat du gain dans une contrée où l’agriculture ne nourrissait plus son homme.
      La liste des rocs disparus et inscrits à l’inventaire des sites est longue, trop longue, mon souhait ici n’est pas de déterrer la hache de guerre mais juste de témoigner le plus objectivement possible de l’histoire et du résultat de l’homme sur ce paysage.
      Les Carriers sont des gens attachants, vaillant, les erreurs que l’on constate ont été souvent commises par une génération aujourd’hui à la retraite. La relève va je l’espère comme initiée depuis 1997corriger ces erreurs du mieux possible mais ça va couter très cher il n’y a plus
      d’argent.
      Ouf, c’est un peu long non ? Merci encore chère lectrice de votre attention et partez re-découvrir ce Sidobre innatendu.
      Cordialement. J-P Thonet.

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