Chapitre 2 : le Chaos du Roc. Aigo Bélo.

Après avoir remonté le cours de ce que je nomme les « Cascadelles noires », j’ arrive vers la cote 300 m d’où l’on rejoint le sentier qui va de la ferme du Roc via le château d’eau et la route de Burlats à Lafontasse.

Là des troncs d’arbres et une rampe forment un « pont de singe » sommairement aménagé.

Une prise d’eau permettait le captage de la belle eau pour alimenter le réservoir aujourd’hui abandonné.

A partir d’ici, le schiste noir disparaît au profit d’une rivière de rocher monumentale, le ruisseau disparaît complètement à ma vue sus ce chaos de blocs gigantesques.

Carte postale, vue aérienne colorisée le Roc et son Chaos.

Je décide de suivre la rive gauche qui me parait plus accessible dans ce bois de chênes et de châtaigners.

Les blocs son couverts de fougères et de ronces, ils laissent peu apparaître leurs carapaces claires, je suis attiré par la sombre entrée d’une Balme   (abri sous roche).

L’environnement est tropical du genre « rain forest », la mousse épaisse ou je m’appuie sans méfiance de  possibles mygales,  des épines de muriers ou de bogues de châtaignes me font regretter  mes gants. Je pénètre dans le trou obscur où des lianes accentuent l’aspect sauvage et vierge du site. 

A la lueur de l’écran lumineux de mon portable je découvre posé sur une écaille minérale claire en porte à faux, une petite boule de granremarquable dans ce boulier géant, je le met en mouvement aisément.

 Le courant empli l’atmosphère d’un son clair, il demeure invisible même dans la Balme.

Je continue l’escalade de dos de rocs en arrêtes moussues, de ronces en branches mortes, le chaos est large d’environ 15 à 20 mètres.

Quelques blocs sortent de l’ordinaire sidobréen, l’un sur la rive gauche est très clair, signe qu’un filon de pegmatite s’est érodé, ces rocs ont souvent le toponyme de « Roc Blanco », il semble pouvoir trembler mais rien n’y fait.Roc Blanco. Un autre est dressé vers la voûte des arbres et simule un menhir.

Une vasque en position anormale simule un oeil  sur la parois d’un bloc.

Le chaos mérite bien son nom car plus j’avance plus il s’encombre d’arbres morts et de ronces, signe qu’une trouée de lumière a permis à ces « hameçons du Diable » de se développer. Je renonce souvent à accéder d’un bord à l’autre car les blocs sont énormes et ne me permettent pas de sauter de l’un à l’autre.

Mais comment faisaient les anciens pour traverser ces obstacles ? j’accède difficilement jusqu’à un palier naturel où trône un bloc isolé, en y regardant mieux je m’aperçois que le « palier » a été aménagé, les trous comblés par de petites dalles et recouverts de terre, le toponyme :  « pas » prend ici tout son sens.

Le terme que j’ai vu sur une carte du Sidobre : « Pas de las bestios » me revient en mémoire, (passage des bêtes sur un ruisseau).Juste avant, je manque perdre l’équilibre sur deux « galets » garnis de fougères, RT nains du Chaos du Roc."Galet" garni.

"galet" garni.

Je reconnais deux roches immenses à l’allure monumentale, larges courbures et fin  travail d’érosion, elles figuraient sur une des rares cartes postale ancienne du Chaos du Roc.Carte postale ancienne.

Les masses de granit laissent apparaître de nombreuses « cordaires » ou cordes minérales (filons) stries de nombreux rocs, zones de débitage naturel, un petit bloc git dans le chaos comme une pièce perdue de l’immense puzzle de granit. Les « cordes » sont d’autant plus présentes que nous sommes encore dans la proche périphérie du batholite. A peu de distance un bloc allongé à l’allure de dauphin m’attire, je marche une fois de plus sur une petite dalle en équilibre.L'oiseau.Pas loin de là, une tête d’oiseau émerge de la mer de blocs.

Quelques brasses plus loin, me voilà sous la ligne électrique Coulet-Le Roc, et j’atteinds un « pas » de plus, celui ci est étroit et habilement agencé. Sur la rive gauche au bout du « pont » voici une Balme des plus vastes, l’histoire du père Astruc me traverse l’esprit, prêtre réfractaire à la révolution il s’est caché dans les environs, des tapis d’églises auraient été trouvés dans une Balme,  mais laquelle ? celle ci me parait trop humide pour être un  abri sûr.

La ferme du Roc reste invisible, masquée par la végétation, seule un tuyau souple noir indique la direction du hameau.

Une curieuse faucille de roche émerge du chaos

La Faucille.

La Faucille.

Je débouche à la cote 410 m au niveau du pontil sur le chemin goudronné qui va de la D 622 aux hameaux de Campsoleil, Bringot, Corbières et le Roc. L’aiguebelle se dévoile à nouveau débarrassée de sa carapace de boules.

Fin de l’épisode.

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About jptho

Qui a dit "il a le coeur aussi dûr et froid que la pierre"? non non non! d'abord la pierre a une âme et je vais vous en apporter la preuve !
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One Response to Chapitre 2 : le Chaos du Roc. Aigo Bélo.

  1. Emmanuel dit :

    Toujours autant de coins cachés mais magnifiques à découvrir dans le Sidobre !!! Bravo !

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