Aiga béla. -Chapitre 1-

Ruisseau de l’hôpital, Lespital, l’ Albugue,l’ Albague,l’ Aiguebelle voilà plusieurs dénominations pour un ruisseau bien modeste qui descend du plateau du Sidobre .

Sa traduction occitane pourrait-être Aiga Béla (prononcer Aigo Belo) la Belle Eau la bien nommée.

Si l’on veut remonter son cours, il faut démarrer l’expédition en aval du pont de Burlats et suivre le vallon vers le Sud à l’ombre du Roc de Paradis et du Puech de St Martial, les « cascadelles noires » dévalent la pente escarpée menant au Chaos démesuré de la ferme du Roc.

Le cours d’eau redevient tranquille aux abords du Moulin de La Bruga et disparaît à nouveau sous un compeyre de granit.

Il poursuit son chemin entre bois et « canyons » de débris de carrières,  entre chaos et broussailles jusqu’à sa source aux environs du hameau d’Aiguebelle à …600 m d’altitude.

Quatre kilomètres environ et …m de dénivelé sur un parcours bien difficile pour un modeste rec.

Passant du schiste au granit, il traverse de nombreux chaos ou rivières de rochers appelées Compeyres dans le pays.

Dans la partie basse de son cours, il est assez préservé des destructions opérées par les carrières, mais dès que l’on approche de sa source, les chaos sont abîmés, en partie ensevelis par les décombres d’exploitations (sable et blocs brisés).

Dans ces « canyons » industriels se trouvent encore des rocs branlants de toute beauté.

Lorsqu’on atteint sa source, les dégâts sont immenses et les curiosités naturelles autrefois décrites ont été effacées, ainsi la carrière d’Aiguebelle est un triste exemple de l’ampleur des saccages effectués en Sidobre.

Chapitre 1 : Lespital.

Commencons par la fin c’est à dire la confluence du ruisseau de Lespital avec l’Agout rive gauche, une propriété privée a domestiqué le rec en construisant des bassins de pierres du plus bel effet.L'Agout en aval de Burlats depuis Roc Paradis.

Quelques mètres en amont du petit pont du chemin des Fontaines, on découvre qu’une ancienne prise d’eau construite en pierre taillée de granit devait peut être alimenter le moulin aujourd’hui disparu au bord de l’Agout.

Sur la rive gauche, sur la parcelle d’un petit pavillon, un gros mastodonte de granit préfigure les accumulations à venir, comment ce bloc est-il arrivé là ?  j’ai du mal à imaginer l’errance de ce monstre dans le ruisseau, la meilleure hypothèse est celle de la dépose lente par solifluxion des arènes sous-jacente.

Dans le vallon, on devine les anciens prés figurants sur les clichés des années 60, les pentes étaient aménagées en gradins, aujourd’hui les ronces dominent l’environnement.

Tout droit réservé E.Huc

Cliché d’A.Denis.

Un petit pont à l’arc unique  de schiste franchi le ruisseau, la commune a parfaitement mis en valeur le vieux chemin, la montée vers l’amont s’effectue grâce à de nombreuses marches en rondins.L’affluent discret du ruisseau de Coulet est à sec et seul le large chaos de blocs couverts de végétation laisse deviner sa présence (rive gauche).

Ce sentier débouche au pied de ce que j’ appelle les  « cascadelles noires » appelée plus modestement les chutes de l’Aiguebelle.

Même si l’Aiguebelle est à son plus bas niveau, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter cette image de J-L Carles prise le 23 mai 2012.Le bruit est assourdissant, toute la puissance de l’Aiguebelle écume sur le schiste noir.

En ce début d’Automne, le volume d’eau est ridiculement bas mais, voir ces chutes lors des crues cévenolles reste un spectacle inoubliable.

Imaginez l’écume blanche qui dans un souffle assourdissant bondit de palier  en palier sur un toboggan de roche sombre d’au moins 100m de long et de 30 m de dénivelé à 30° de pente.

Sur la rive on remarque aisément les boules de granit directement posée sur le schiste noir, ici la zone dite de contact est des plus évidente, le magma était en contact direct avec les schistes encaissants, un livre de géologie à ciel ouvert voilà le spectacle qu’offrent ces magnifiques cascadelles.

, dans la vasque au pied de la cascade du sable blanc, des esquilles de Schistes noirs polis restent piégés, au niveau de ce dernier palier le cours d’eau oblique vers l’est à 45 degrés, un petit chaos semble s’être formé dans ce goulet par l’engorgement des masses sphériques de granit.

Un bloc domine tous les autres par son aspect de menhir dressé vers le ciel.

Ce chaos des Cascadelles est bordé par le sentier nouvellement aménagé et assez facile d’accès, les gosses de Burlats ont pris possession des lieux en construisant de nombreuses cabanes comme dans un remake de » La guerre des boutons »

.

En bas, l’Aiguebelle reprend un cours plus tranquille débarrassée de sa gangue de cristaux.

Prochainement : prospection du cours de L’Aiguebelle : le Chaos du Roc.

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Qui a dit "il a le coeur aussi dûr et froid que la pierre"? non non non! d'abord la pierre a une âme et je vais vous en apporter la preuve !
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One Response to Aiga béla. -Chapitre 1-

  1. Emmanuel dit :

    Bravo, cela met en appétit pour la suite !

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