Nouveau rocher tremblant découvert.-Juillet 2011-Vabre Tarn (81).

rt des Labans rive droite juillet 2011.

Roc tremblant des Labans rive droite Gijou, Vabre (Tarn).

Bonsoir,
 

Ce matin 21 juillet,  j’ai exploré le secteur repéré il y a quelques jours depuis les Labans de la rive gauche du Gijou.
> > Je me suis donc rendu sur la D55, j’ai mis la voiture en sécurité puis me suis dirigé à pied vers la base du Laban de la rive droite, qui domine la route de Vabre dans la vallée du Gijou.
> > Impossible d’accéder au Labans depuis la route sans faire un peu d’alpinisme,

Boules de granit en cours d'altération, Vabre Labans rive droite.

j’ai trouvé une sorte d’escalier dont les marches seraient très hautes, en m’accrochant aux genêts et aux pieds de bruyères, après quelques minutes de séances d’oppositions je me remet debout à l’ombre de vieux chênes.
> > Je longe la même courbe de niveau et très vite je débouche sur un premier Labans, et là, dans la pente qui se dirige vers le Gijou et bien sûr la route, je repère le bloc posé déjà aperçu depuis les grands Labans de la rive gauche.
> > Le bloc semble inamovible, pourtant, à peine poussé les tiges sèches d’une plante que je ne peux identifier tressaillent puis s’immobilisent,  je recommence l’expérience, et elles     tressaillent à nouveau.
> > Nouvelle tentative mais cette fois je monte sur le bloc et pousse avec tout mon poids en fléchissant les genoux et c’est ainsi qu’il se réveille, et  se libère de sa longue immobilisation.
> > Ce   roc a probablement glissé par solifluxion et par gravité durant des millions d’années, mais ce basculement rythmique doit être une nouveauté pour son coeur de pierre.

Roc tremblant des Labans de la rive droite.

> > Le granite de ce RT est très folié (strié horizontalement face ouest) il n’est pas sphérique et garde toutes les caractéristiques des bouts de dalles environnantes, seul sa légère courbe à la base lui permet d’avoir un faible point d’appui.
> > D’ici j’aperçois le premier Viaduc (dans le sens de la descente du Gijou), la végétation qui le masque laisse quand même entrevoir ses arches élégantes et son tablier et  ses gardes fou de fonte.
> > Ce 1er des viaduc a une trajectoire courbe, qui passe de la rive droite du Gijou à la rive gauche sur un peu plus de cent mètres, la hauteur semble être d’au moins 30 m.
> > Je laisse ce roc tremblant que l’on pourrait appeler le RT des Labans ou de Rocalet.
> > J’e me dirige vers d’autres blocs aperçus d’en face, ceux ci donnent leur petit effet  « erratiques » sur les grandes aires granitiques inclinées, l’un d’eux fait presque 2m de haut et à l’aspect d’un mégalithe vu de l’est.

Roc simulant un mégalithe, Labans rive droite.

> > Je remonte à travers de véritables jardins de plantes acidophiles, les bruyères en fleur donnent une touche de couleur sur le gris des roches et le vert fluo des mousses.
> > Trois pins Sylvestres sont du plus bel effet sur la rupture de pente et font échos à la forêt de pins située en vis à vis.
> > Je photographie les colonnes des pins et identifie une des rares cupules du secteur, à peine formée, sorte de porte savon minéral, elle dessine sur la pierre son cercle caractéristique.

Depuis ce point de vue, j’apperçoit un roc marqué de longues cannelures verticales microformes typiques des rocs granitiques mais dans ce cas, la régularité des goulottes esremarquable.

Roc aux 6 cannelures, rive gauche du Gijou, Labans est.

au de cornéenne gît sur le sol, elle a glissé de plus haut, là ou la forêt et la terre noire laissent deviner le sous sol de schiste thermo-métamorphisé.
> > En effet je ne met pas longtemps une fois dans cette forêt à découvrir des traces d’épierrage avec les amoncellements ( d’ origine anthropique) composé de toutes sortes de schistes.
> > Un petit sentier discret dirige mes pas vers l’est, en direction du hameau de Rocalet.
> > Je passe à côté d’une carcasse de voiture, la marque est indéfinissable, Peugeot ou Renault, je compte sur les spécialistes des vieilles voitures pour me le dire, je joindrais les clichés plus tard.
> > J’atteind le triste hameau de Rocalet, il semble abandonné, on voit que des tentatives de réfections ont eu lieu mais tout est délabré, la cour est un véritable dépotoir de plastiques, de bidons de ferrailles de machines à laver diverses, j’y trouve un vieux cric en bois et métal comme ceux qu’utilisaient les tailleurs de granit.
> > L’odeur forte d’un bouc émane de la grange défoncée, une dizaine de grandes chèvres semblent livrées à elles mêmes.
> > Les portes et fenêtres de la vieille bâtisse sont encadrée de linteaux de granit bouchardés, les murs par contre sont en schistes, un véritable mur géologique où l’on peut comprendre la composition minérale des environs.
> > Je redescend vers Vabre, les dernières bornes naturelles du nord-est du massif du Sidobre marquent le talus qui domine le chemin d’accès à Rocalet.
> > Ces bornes sont en réalité le fruit de mon imagination que vous connaissez comme débordante, les blocs de granits empilés par le hasard de l’érosion sont en effet les dernières traces de Tors du Sidobre.
> > Un peu plus loin, une piste montre la coupe du terrain, le granit pourri côtoie le granit sain, des inclusions de veines schisteuse se lisent dans la butte de la piste, les schistes à chiastolythes parsèment  le chemin,  les cristaux nés du contact avec le magma se lisent sur la pierre, sorte d’écriture cunéiforme noire ou de chocolat « Crunch » pour les plus gourmands.
> > Je me dirrige ensuite vers Le Bouissas et vais explorer l’ancienne carrière des Labans ainsi que le premier des viaducs du Gijou.
> > La carrière ne semble pas avoir été fructueuse vu le nombre de blocs abandonnés dans le talus du deuxième viaduc ainsi qu’au pied du batholite des Labans.
> > Les blocs ont dévalés de partout dans le Gijou, face au 1er viaduc, la carrière est entièrement masquée par la végétation, cette verdure disparait dès le premier Laban intacte, soit le bord ouest des aires de granits vierges.
> > Encore des dégâts pour rien, cela commence à faire beaucoup de destructions pour rien, ah pourquoi n’ont-ils pas demandés l’avis de géologues avant d’opérer ce saccage…
> > L’entrée du 1er viaducs est entièrement bouché par un mûr de ciment digne du mur de l’Atlantique ! Pourquoi un tel mur ? je le contourne très difficilement et me trouve ensuite sur le ballast de l’ancienne voie de chemin de fer, je me trouve sur un jardin suspendu, les arbres, principalement des frênes ont poussés au hasard.

Viaduc en amont du Bouissas sur le Gijou,.

> > Les rails sont absentes, et les roches sombres et régulières semblent provenir de la carrière de Viane.
> >  
> > Mon esprit s’envole dans les volutes de fumée d’antan du petit tortillard, je remonte le Gijou et traverse maintenant le site fantastique des Labans, la végétation est rare, la vue est ouverte, la perspective du vide l’inclinaison des Labans fait courir un long frisson tout le long des wagons, des oooooh!et des aaaahhhh!  d’admiration.
> >     Les enfants dirigent leur index vers la cuirasse de granit, les pêcheurs repèrent leurs futurs prises, les mamans tiennent un peu plus fortement la main de leurs protégés car l’appel du vide à droite et à gauche les effrayent un peu.
> > Le chauffeur fait siffler la locomotive pour saluer toute cette « sauvageté » .
> >  La tête de la Lionne a fière allure et alimentera les rêves de dizaines de gamins, « là, tu vois, la voila, la Lionne de granit, n’aie pas peur on ne s’arrête pas encore ».
> > Ah quelle sensation ils devaient avoir en franchissant ces trois viaducs, dans le vacarme du fer, de la vapeur et des clameurs.
> > Oui vraiment ce site du Bouissas mérite mieux qu’un panneau au panorama inaccessible, à quand la réfection du 1er viaduc qui pourrait servir de belvédère pour admirer les Labans ?

Vue sur les Labans depuis le viaduc sur le Gijou en amont du Bouissas sur le Gijou.

> > J’espère que le développement du tourisme dans notre belle vallée permettra un jour d’offrir à sa juste mesure un point de vue digne de ce nom.

Je rajoute ici le commentaire de Mr Viers historien du Petit Train :

« voici les mensurations du Viaduc des Labans :Longueur 160 m en 9 arches de 15 m

Hauteur variant entre 12  et 17,50 m au-dessus d’un lit… cahotique.

Rampe moyenne de 0,025 p.m.
 
Premier projet déposé en 1902
Construction achevée en octobre 1903
Inauguré 1er juillet 1905
 
Votre site semble un peu hésitant sur le nom des trois viaducs du confluent Gijou/Agout
Dans le sens Castres – Vabre, dans l’ordre, ce sont
– Beaudecamy
– Le Bouissas
– Les Labans
 
Autre chose :
En 1921, La Société des Granits et Porphyres du Tarn obtient des CFDT la concession et construction d’un embranchement particulier dans le triangle du Bouissas, et de son pendant au dépôt de Castres. Au Bouissas une ligne à voie de 0,60 m pour wagonnets enjambe la ligne de Vabre pour approvisionner l’EP depuis une carrière ? La société semble vivre jusqu’en 1924 mais le local du dépôt de Castres est racheté par les CFDT en 1927. Je n’en sais pas plus sinon qu’il y aurait une action, visible chez Jean-Louis Marty ».

> >  
> > J-P Thonet

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Qui a dit "il a le coeur aussi dûr et froid que la pierre"? non non non! d'abord la pierre a une âme et je vais vous en apporter la preuve !
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